Le 23 juillet 2026, Sergueï Lavrov et Marco Rubio se sont rencontrés à Manille, en marge de la réunion ministérielle de l’ASEAN. Trente-cinq minutes. Pas plus. Un échange court, formel, sans annonce majeure. Et pourtant, cette rencontre est un signal.

Les deux hommes ne s’étaient pas vus en face-à-face depuis septembre 2025. Le simple fait qu’ils se parlent à nouveau, dans un hôtel des Philippines, dit quelque chose. La ligne n’est pas coupée. Le canal existe encore.

Mais le fond, lui, n’a pas bougé.

Rubio a été franc. Le format de paix « 3+2 », discuté à Anchorage entre Poutine et Trump, est un échec. « We tried that, it didn’t work. » Il a appelé à « de nouvelles idées et de nouvelles approches ». Lesquelles ? Il ne l’a pas dit.

Lavrov, de son côté, a répété la position russe. Attachement aux propositions d’Anchorage. Inadmissibilité des livraisons d’armes à l’Ukraine. Les deux parties ont tout de même trouvé des terrains d’entente mineurs : normalisation des ambassades, reprise des contacts entre Roscosmos et la NASA, échange de vues sur le Golfe Persique.

Mais sur l’essentiel, rien. Le format « 3+2 » est mort. Rien ne l’a remplacé.

Le format « 3+2 », justement, mérite qu’on s’y arrête. Selon Kirill Budanov, le chef du bureau du président ukrainien, il s’agit de l’interprétation russe des accords d’Anchorage : les trois oblasts de Crimée, Donetsk et Lougansk, plus les deux oblasts de Kherson et Zaporijjia, dans leurs parties sous contrôle russe. Une formule inacceptable pour Kiev. Une formule que Washington a testée, et qui a échoué.

Alors, que reste-t-il ?

Un dialogue qui ne dit rien, mais qui parle. Les deux capitales veulent garder un canal ouvert. Elles ne veulent pas rompre. Mais elles ne veulent pas non plus céder. Rubio l’a dit lui-même : « The war in Ukraine has in many ways impeded the ability of Russia and the United States to find areas of agreement on other topics. »

La guerre bloque tout. La diplomatie survit, mais elle ne vit pas.

Les scénarios à retenir.

Le statu quo. La guerre continue. Les canaux diplomatiques restent ouverts, mais aucun progrès substantiel n’est réalisé. Les deux parties utilisent ces rencontres pour marquer leur volonté de paix sans faire de concessions. C’est le scénario le plus probable.

L’avancée partielle. Les États-Unis acceptent de geler certaines livraisons d’armes en échange d’un retrait russe partiel. La Russie accepte de discuter d’un corridor humanitaire ou d’une trêve locale. Moins probable, mais pas impossible.

La rupture. Les États-Unis annoncent un renforcement massif de l’aide militaire à l’Ukraine. La Russie répond par une escalade sur le front. Le canal diplomatique est fermé. Peu probable, mais possible.

La rencontre de Manille n’est pas une percée. C’est une prise de température. Un signe de vie diplomatique dans une guerre qui n’en finit pas.


Par la rédaction
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Sources:

https://charter97.link/en/news/2026/7/23/692106/
https://www.bernama.com/en/world/news.php/?id=2584815
https://www.kyivpost.com/amp/post/80836
https://tass.com/politics/2163989
https://tass.com/politics/2163943
http://www.china.org.cn/world/Off_the_Wire/2026-07/23/content_118614750.shtml
https://en.apa.az/cis-countries/russian-fm-meets-with-us-secretary-of-state-517283
https://en.apa.az/cis-countries/russian-fm-meets-with-us-secretary-of-state-updated-updated-517283
https://english.nv.ua/russian-war/rubio-and-lavrov-hold-first-meeting-since-september-2025-in-manila-50626597.html
https://english.nv.ua/nation/meeting-between-lavrov-and-rubio-moscow-declares-arms-supplies-to-ukraine-unacceptable-50626640.html
https://english.nv.ua/nation/lavrov-and-rubio-to-meet-in-manila-for-discussion-of-proposals-regarding-war-in-ukraine-50626436.html
https://en.interfax.com.ua/news/general/1187428-amp.html
https://www.lokmattimes.com/international/sergei-lavrov-meets-marco-rubio-expresses-russias-readiness-to-resolve-ukraine-conflict/