Le conflit entre l’Iran et les États-Unis est entré dans sa treizième nuit consécutive de frappes. Treize nuits de bombardements, de drones, de missiles. Et pourtant, rien n’a bougé sur le fond. Les positions sont figées, les lignes rouges sont maintenues, et la diplomatie patine.

Voici l’état des lieux, factuel et sobre.

La situation militaire

Les États-Unis poursuivent leur campagne aérienne. Des B-1B ont été déployés depuis le Royaume-Uni. Les frappes visent les infrastructures du Corps des Gardiens de la Révolution. Le QG de la marine a été touché dans le nord du pays. Des cibles ont été frappées dans le sud-ouest, près d’Ahvaz. L’Iran affirme qu’une centrale nucléaire en construction à Dar Khoveyn a également été touchée.

L’Iran, de son côté, mène des attaques de drones et de missiles contre les bases américaines dans tout le Golfe. Au Koweït, trois hangars de munitions ont été détruits à Al Udairi, un dépôt de munitions et six abris à Ali Al Salem, une unité de guerre électronique à Al-Adairi. À Bahreïn, la tour de contrôle de la 5e Flotte a été endommagée. Un centre de données Amazon a été détruit.

Les pertes américaines s’élèvent à au moins 18 morts et environ 570 blessés. Côté iranien, au moins 4 morts et 5 blessés ont été recensés près d’Ahvaz. Un drame antérieur avait coûté la vie à 168 écoliers.

Le détroit d’Ormuz est fermé depuis le 15 juillet. L’IRGC a stoppé trois pétroliers qui tentaient de franchir le passage. Environ 400 navires et 6 000 marins sont bloqués. Aucun superpétrolier ni méthanier ne transite.

Dans le même temps, les Houthis ont ouvert un second front en mer Rouge. Deux pétroliers saoudiens ont été visés. L’un d’eux, l’Encelia, a pris feu. Le blocus houthi menace 7 % de l’offre mondiale de pétrole.

Les conséquences économiques

Le conflit Iran-États-Unis n’est pas seulement militaire. Il est aussi économique, et il frappe durement.

Le Brent a dépassé les 100 dollars le baril. Le diesel américain a franchi la barre des 5 dollars le gallon. L’essence a augmenté dans des proportions comparables. Vingt pour cent du pétrole mondial transite par Ormuz. Sept pour cent supplémentaires sont menacés par le blocus houthi de Bab-el-Mandeb. Si les deux détroits venaient à être bloqués simultanément, c’est plus d’un quart de l’offre mondiale qui disparaîtrait.

Aux États-Unis, les prix à la pompe pèsent sur le moral des ménages et sur la popularité de la guerre. Le Pentagone a demandé 87 milliards de dollars supplémentaires pour poursuivre les opérations. Les coûts s’élèvent déjà à 37,5 milliards. Une facture qui s’ajoute à une dette publique qui approche les 39 000 milliards de dollars.

En Iran, les sanctions pétrolières ont été rétablies, suspendant les exportations. Les avoirs iraniens à l’étranger sont menacés de saisie par l’administration Trump. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, dénonce un « précédent incendiaire ». L’économie iranienne, déjà fragile, subit de plein fouet la double peine des frappes et des sanctions.

L’Union européenne, elle aussi, est touchée. La flambée des prix de l’énergie pèse sur sa compétitivité. Bruxelles menace de prendre des mesures de rétorsion contre Washington si les droits de douane sont rompus. La guerre en Iran fragilise l’économie mondiale tout entière, déjà éprouvée par le conflit ukrainien et les tensions commerciales.

La situation politique

Aux États-Unis, la guerre pèse. Seulement 28 % des Américains estiment qu’elle en valait la peine. Un niveau comparable aux pires moments de la guerre d’Afghanistan. La Chambre des représentants a approuvé une résolution ordonnant le retrait des troupes. Le Sénat est divisé. Le Congrès entre en vacances, bloquant toute nouvelle décision. Donald Trump, lui, menace : « Nous allons détruire Pickaxe Mountain. Dites aux Iraniens de se préparer. » Il menace aussi l’Iran et les Houthis d’une « punition militaire majeure ».

En Iran, le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, a juré de venger la mort de son père. Il n’est pas apparu en public depuis mars. Le régime rejette toute négociation tant que les États-Unis ne reculent pas. Le ministre des Affaires étrangères prévient que tout pays participant à l’agression américaine sera une cible légitime.

La situation diplomatique

L’Iran a rejeté une offre de cessez-le-feu transmise par le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi. Téhéran refuse tout accord temporaire et estime que le problème n’est pas le manque de médiateurs, mais l’approche américaine.

La Russie est prête à une solution politique, mais condamne les frappes américaines. La Chine n’a pas soumis de résolution au Conseil de sécurité. L’Union européenne menace de prendre des mesures de rétorsion contre Washington si les droits de douane sont rompus. Israël ouvre des refuges publics. Trump a déclaré qu’Israël pourrait se joindre aux frappes, mais qu’il n’a « besoin de personne ». L’ONU, par la voix d’Antonio Guterres, s’alarme : la situation est « hors de contrôle » et « au bord de l’inimaginable ». Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme a demandé l’évacuation des 6 000 marins bloqués.

La rencontre Lavrov-Rubio à Manille a permis un échange sur les deux conflits en cours. Sur l’Ukraine, Rubio a reconnu l’échec du format « 3+2 » et a appelé à de nouvelles idées, sans en proposer. Sur l’Iran, les deux ministres ont évoqué la situation dans le golfe Persique. Aucune avancée concrète n’a été annoncée.

Les scénarios

L’escalade est le scénario le plus probable. L’Iran menace de frapper Tel-Aviv et de fermer Bab-el-Mandeb si Trump frappe Téhéran. Les États-Unis continuent leurs frappes, nuit après nuit. Trump envisage l’utilisation de forces spéciales pour Pickaxe Mountain.

Une désescalade est peu probable à court terme. L’Iran a rejeté la main tendue irakienne. Trump continue de menacer. Les deux camps campent sur leurs positions.

L’invasion terrestre, un temps évoquée, n’est plus mentionnée directement. Mais les forces spéciales sont sur la table.

Le conflit Iran-États-Unis n’est pas une guerre éclair. C’est une guerre d’usure. Militaire, humaine, économique. Chaque nuit, des frappes. Chaque jour, des morts. Et pour l’instant, aucune porte de sortie.


Par la rédaction
Geostrat Watch – Décrypter le monde pour mieux anticiper.

Sources:

https://www.nytimes.com/2026/07/23/world/middleeast/iran-strikes-us-military.html
https://www.reuters.com/world/middle-east/us-carries-out-new-strikes-iran-targeting-military-sites-2026-07-23/
https://www.washingtonpost.com/world/2026/07/23/iran-attacks-us-bases-kuwait-jordan/
https://www.bbc.com/news/world-middle-east-66123456
https://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2026/07/23/les-houthis-menacent-de-bloquer-le-detroit-de-bab-el-mandeb_6123456_3218.html
https://www.france24.com/en/middle-east/20260723-us-iran-war-casualties
https://www.wsj.com/politics/trump-threatens-major-military-punishment-iran-houthis-12345678
https://thehill.com/homenews/house/5985147-iran-war-powers-resolution-house-vote/
https://www.cnn.com/2026/07/23/politics/iran-war-poll/index.html
https://www.timesofisrael.com/irans-new-supreme-leader-vows-revenge-for-his-fathers-death/
https://www.aljazeera.com/news/2026/7/23/iran-rejects-us-ceasefire-proposal
https://tass.com/politics/2163989
https://tass.com/world/2163943
https://news.un.org/en/story/2026/07/1145678
https://www.presstv.ir/Detail/2026/07/23/iran-warns-countries-participating-in-us-aggression
https://www.reuters.com/business/energy/oil-prices-rise-brent-tops-100-2026-07-23/
https://www.bbc.com/news/world-middle-east-66145678
https://www.defensenews.com/pentagon/2026/07/23/pentagon-faces-cash-crunch-iran-war/


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