Le 20 juillet 2026, les réserves stratégiques de pétrole des États-Unis sont tombées à 311,4 millions de barils. C’est le plus bas niveau depuis mars 1983. Il y a quarante-trois ans, Ronald Reagan était président, et la guerre froide battait son plein. Aujourd’hui, c’est la guerre contre l’Iran qui vide les cuves.
Depuis février 2026, Washington a puisé 104 millions de barils dans la Strategic Petroleum Reserve. Un plan de libération total de 172 millions de barils a été approuvé. Les stocks totaux de brut, qui incluent les réserves commerciales, sont tombés à 726,2 millions de barils. Un niveau qui n’avait plus été vu depuis 1984.
Et ce n’est pas fini.
Pendant que les réserves fondent, les prix flambent. Le diesel américain a dépassé les 5 dollars le gallon. L’essence a augmenté de 35 à 70 % depuis le début du conflit, selon plusieurs sources. Le prix du Brent, qui avait culminé à 126,41 dollars le baril sur les douze derniers mois, est redescendu à 88 dollars le 20 juillet. Une accalmie trompeuse. Les experts s’attendent à une nouvelle flambée si le détroit d’Ormuz reste fermé et si les Houthis mettent leurs menaces à exécution sur Bab-el-Mandeb. Certains évoquent un baril à 200 dollars en cas de double blocage.
L’interdiction russe d’exporter du diesel n’arrange rien. Moscou a restreint ses ventes pour déstabiliser les marchés occidentaux. Résultat : les prix intérieurs américains grimpent, et le plein d’essence devient un luxe pour des millions de ménages.
Les experts s’inquiètent aussi des contraintes techniques. La SPR est stockée dans des cavernes de sel vieillissantes, le long du Golfe du Mexique. Si le niveau descend trop bas, l’extraction pourrait devenir plus difficile, voire impossible dans certaines poches. L’American Petroleum Institute a tiré la sonnette d’alarme. Le Département de l’Énergie, lui, rappelle que la SPR est « un outil de sécurité énergétique essentiel, mais qu’elle ne doit pas être utilisée comme une solution permanente aux déséquilibres du marché ».
Mais c’est exactement ce qui est en train de se passer.
La guerre contre l’Iran vide les réserves. Les sanctions et les perturbations des routes maritimes font exploser les prix. Et Washington se retrouve pris au piège : continuer à puiser dans les stocks pour stabiliser le marché, ou les préserver pour une urgence encore plus grave.
Trois trajectoires se dessinent.
La guerre prolongée, d’abord. Le conflit continue, les réserves s’épuisent, les prix grimpent, et la crise énergétique s’aggrave. Un accord diplomatique, ensuite. Une médiation internationale permet de rouvrir Ormuz et de stabiliser les prix. La crise énergétique intérieure, enfin. Les prix atteignent des niveaux insoutenables, la consommation chute, l’économie entre en récession.
Les États-Unis ont atteint un point de bascule énergétique. La guerre contre l’Iran vide les réserves stratégiques, tandis que les sanctions et les perturbations des routes maritimes font exploser les prix à la pompe. Une crise qui pourrait, à terme, contraindre Washington à ralentir son effort de guerre. Pas par choix stratégique. Par nécessité.
Par la rédaction
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Sources
https://edgenews.com/world/us-draws-on-strategic-oil-reserves-as-iranian-hostilities-continue/
https://www.reuters.com/markets/commodities/us-strategic-petroleum-reserve-drops-lowest-level-since-1983-2026-07-17/
https://gtvnewsng.com/us-strategic-oil-reserves-drop-to-1983-levels/
https://www.axios.com/2026/07/17/russia-diesel-oil-drones
https://www.cbsnews.com/news/us-strategic-petroleum-reserve-lowest-level-1983-iran/
https://www.washingtonpost.com/world/2026/07/19/us-iran-military-plans-war/
https://www.boursorama.com/bourse/matieres-premieres/cours-petrole-brent/BRENT/
https://www.ukranews.com/amp/in-washington-they-are-preparing-for-a-serious-war-with-iran.html

