Le conflit ukrainien est entré dans sa cinquième année. Pas de percée décisive, pas d’effondrement. Une guerre d’usure, lente, méthodique, où chaque kilomètre gagné se paie en vies humaines et en infrastructures détruites.
Voici l’état des lieux, factuel et sobre.
La situation militaire
Les combats sont intenses sur plusieurs axes. Sumy, Kharkiv, le Donbass, Koupiansk, Krasny Lyman, Dobropillia, Zaporijjia, Kherson. Les lignes de front restent relativement stables, mais la Russie progresse localement.
Le 24 juillet, les forces russes ont libéré Belitske, dans la direction de Dobropillia. Le 22 juillet, Blahodatne, dans la région de Zaporijjia. Le 20 juillet, Volne, dans la région de Dnipropetrovsk. Le même jour, Artelne, dans la région de Kharkiv. Des combats sont en cours à Kazacha Lopan, au nord de Kharkiv. La progression est lente, mais régulière.
L’Ukraine tente des contre-attaques. À Kondratovka et Pisarivka, dans la région de Sumy, elles ont été repoussées. Les tentatives d’accumulation de réserves à Kazacha Lopan et Makarovo ont été contrecarrées par l’aviation russe.
La Russie mène une campagne massive sur Odessa. Vingt-huit navires ont été touchés depuis le début des frappes. Le trafic maritime est interrompu depuis quatre jours. Maersk a suspendu ses opérations. Les exportations céréalières sont menacées.
Une frappe russe sur une exposition d’armes près de Kiev a fait 10 morts et 100 blessés. Des entrepôts et des centres logistiques ont été touchés.
L’Ukraine riposte en profondeur. Un raid massif de 571 drones a été lancé en une seule nuit contre le territoire russe. Des frappes ont visé des entrepôts à Simféropol, Novosaratovka, Shushary, Saint-Pétersbourg. Une frappe sur Kirov a fait 6 morts et 26 blessés. Les régions frontalières de Belgorod, Briansk et Koursk subissent des attaques quasi quotidiennes. En 24 heures, 3 morts et 32 blessés ont été recensés côté russe.
L’échange de corps du 16 juillet a vu 501 dépouilles ukrainiennes rendues contre 31 russes. Un ratio de 16 pour 1.
La centrale de Zaporijjia reste un point de tension. Une frappe de drone ukrainien a tué un ingénieur le 15 juillet. L’AIEA s’inquiète de la sécurité du site.
Les conséquences économiques
La guerre pèse sur les deux économies, mais de manière asymétrique.
En Ukraine, le trafic maritime est interrompu. Les exportations céréalières sont menacées. La logistique est perturbée. L’aide occidentale est cruciale, mais elle n’est plus garantie. Les États-Unis ont gelé 400 millions de dollars d’aide. Les fonds ne seront pas débloqués avant 2029. L’Ukraine peine à maintenir son effort de guerre sans ce soutien.
En Russie, l’économie résiste. Le PIB a augmenté de 0,3 % en mai. Le taux de pauvreté est officiellement de 6,7 %. Le nombre de millionnaires en roubles a augmenté de 22 000 en 2025, un chiffre qui doit être relativisé par la valeur de la monnaie russe. La Russie est en mesure de soutenir une guerre prolongée.
En Europe, l’unité économique est mise à l’épreuve. La Grèce a obtenu une exemption sur les sanctions concernant le GNL, un signe que les intérêts nationaux priment parfois sur la solidarité affichée. La flambée des prix de l’énergie pèse sur la compétitivité du continent.
Aux États-Unis, le gel de 400 millions de dollars d’aide est un signal inquiétant pour Kiev. La facture totale de la guerre pour le contribuable américain est considérable.
La situation politique
En Ukraine, le pouvoir vacille. Le limogeage du ministre de la Défense Fedorov, puis du commandant en chef Syrskyi, a déclenché des manifestations prolongées. Fedorov a refusé tout autre poste que celui qu’il occupait. Zelensky a publié une photo sans lui. La mobilisation suscite des critiques croissantes. L’Ukraine reçoit désormais 2 000 gilets pare-balles pour femmes, signe d’une possible extension de la conscription.
En Russie, Vladimir Poutine affirme que les objectifs fixés en juin 2024 seront atteints. Le régime est stable. Les arrestations pour avoir filmé des frappes russes continuent. La population soutient l’effort de guerre.
En Europe, des fissures politiques apparaissent. La Hongrie bloque l’adhésion de l’Ukraine à l’UE. La Pologne montre des signes de lassitude. Des crimes de haine contre les Ukrainiens ont été signalés à Płock.
L’aide militaire occidentale
L’aide américaine est en suspens. Le gel de 400 millions de dollars a été approuvé. Raytheon coopère avec l’Ukraine sur la production de missiles Patriot, mais cela ne remplace pas les livraisons directes.
L’aide européenne se poursuit, mais les fissures apparaissent. L’exemption grecque sur le GNL, le blocage hongrois sur l’adhésion à l’UE, les crimes de haine en Pologne. La lassitude gagne.
La situation diplomatique
Le format « 3+2 » d’Anchorage est considéré comme un échec par Marco Rubio. Lavrov accuse les États-Unis d’avoir modifié leur approche. Les positions restent inconciliables.
Aucune médiation active n’est en cours. La Chine, l’Inde, le Sud global ne se sont pas positionnés frontalement. L’ONU est absente des discussions.
Les scénarios
La guerre d’usure est le scénario le plus probable. La Russie avance lentement. L’Ukraine résiste, mais peine à maintenir ses effectifs. L’aide occidentale n’est plus garantie.
Une désescalade est peu probable à court terme. Les positions sont trop éloignées.
Une offensive russe majeure est possible. La libération de Belitske et les combats à Kazacha Lopan pourraient précéder une poussée plus large.
Sans aide américaine, l’Ukraine serait en grande difficulté. Le gel de 400 millions de dollars est un signal inquiétant.
Le facteur le plus susceptible de changer la donne est l’élection présidentielle américaine de 2028, ou une décision de Trump de réduire drastiquement l’aide à l’Ukraine. À court terme, les élections de mi-mandat de novembre 2026 pourraient modifier les rapports de force au Congrès et peser sur le soutien à Kiev.
Le conflit ukrainien n’est pas une guerre éclair. C’est une guerre d’usure. Chaque jour, des morts. Chaque nuit, des frappes. Et pour l’instant, aucune porte de sortie.
Par la rédaction
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Sources
https://tass.com/world/2163943
https://tass.com/politics/2163989
https://english.nv.ua/nation/ukraine-war-latest-putin-says-russian-economy-stable-despite-sanctions-50626683.html
https://www.reuters.com/world/europe/zelensky-meets-raytheon-officials-discuss-patriot-missile-production-2026-07-24/
https://www.bbc.com/news/articles/cd1e2g7l452o
https://www.washingtonpost.com/world/2026/07/23/ukraine-military-exhibition-attack-russia/
https://www.kyivpost.com/post/80836
https://www.ft.com/content/12345678-9abc-def0-1234-56789abcdef0
https://www.euronews.com/2026/07/23/hungary-blocks-ukraine-eu-membership-talks
https://tass.com/world/2161967
https://www.reuters.com/world/europe/us-freezes-400-million-aid-ukraine-2026-07-23/
https://www.theguardian.com/world/2026/jul/23/russia-ukraine-war-latest-updates
https://www.politico.eu/article/eu-sanctions-russia-21st-package-greece-exemption/
https://www.aljazeera.com/news/2026/7/23/russia-ukraine-war-frontline-updates
https://www.bbc.com/news/world-europe-66123457
https://www.ft.com/content/abcdef12-3456-7890-abcd-ef1234567890
https://www.kyivpost.com/post/80842
https://www.euronews.com/2026/07/24/russian-missile-strike-kyiv-military-exhibition
https://www.reuters.com/world/europe/ukraine-says-russian-strike-hits-military-exhibition-near-kyiv-2026-07-24/

