Le 3 janvier 2026, Nicolás Maduro a été arrêté. Capturé par les forces américaines. Le chavisme n’a pas disparu. Il a changé de visage.
Un nouveau pouvoir s’est installé à Caracas. Delcy Rodríguez, présidente par intérim. Son frère Jorge, président de l’Assemblée. Les frères Rodríguez dirigent le pays sous la supervision bienveillante de Washington. Le « Rodrigato », comme on l’appelle désormais, a remplacé les proches de Maduro, réorganisé l’armée, adopté des réformes économiques libérales. Une loi d’amnistie a été votée sous pression américaine.
La transition vénézuélienne est un laboratoire. Le laboratoire de la stratégie américaine au XXIe siècle : déstabilisation par l’opposition, intervention militaire, mise en place d’un pouvoir indigène docile, et maintien du statu quo sous couvert d’aide humanitaire.
L’instrumentalisation de Machado
María Corina Machado a été le visage de l’opposition. Elle a gagné la primaire de 2024 avec 92 % des voix. Elle a été exclue de la présidentielle par le régime de Maduro. Elle a reçu le Prix Nobel de la Paix en 2025. Elle a soutenu l’intervention militaire américaine.
Et puis, elle a commis un geste symbolique.
En janvier 2026, quelques jours après l’arrestation de Maduro, Machado a rencontré Donald Trump. Elle lui a offert sa médaille du Nobel. Un geste d’allégeance. Une manière de dire : « Je vous donne tout, vous pouvez me faire confiance. »
Washington l’a remerciée. Puis l’a écartée.
Dès le printemps 2026, le Département d’État a fait savoir que Machado n’était plus indispensable. Elle était jugée « potentiellement disruptive ». Trop radicale. Trop indépendante. Trop imprévisible pour le nouvel équilibre que Washington cherchait à installer.
En juin, elle a tenté de rentrer au Venezuela. Son avion a été bloqué à Curaçao. Pression américaine. Aujourd’hui, elle est en exil. Elle n’est plus à la table des négociations. Le dialogue de transition, annoncé pour le 1er août, se fera sans elle.
Le Rodrigato, nouveau visage du chavisme
Delcy Rodríguez est l’incarnation de ce nouveau pouvoir. Elle a été ministre de Maduro, vice-présidente, figure du chavisme radical. Aujourd’hui, elle est la présidente par intérim reconnue par Washington. Elle a accepté les réformes libérales, la levée partielle des sanctions, la réouverture du pétrole aux investisseurs étrangers. Elle a accepté la supervision américaine.
Son frère Jorge contrôle le Parlement. Ensemble, ils ont verrouillé le processus. Les proches de Maduro ont été écartés. Les responsables militaires trop liés à l’ancien régime ont été remplacés. L’armée est restée loyale, mais elle a été réorganisée.
Le chavisme n’a pas été détruit. Il a été coopté. Washington n’a pas imposé un gouvernement d’occupation. Il a choisi un pouvoir indigène, docile, capable de maintenir l’ordre tout en appliquant les réformes exigées.
La crise humanitaire comme prétexte
Le 24 juin 2026, un double séisme a frappé le Venezuela. Plus de 4 700 morts. Des destructions massives. L’État, déjà fragile, a été jugé incapable de répondre.
L’aide américaine est arrivée. Massive. Visible. Coordonnée. Mais elle est aussi politique. La reconstruction sert de justification à une présence prolongée. Sous couvert d’urgence humanitaire, Washington verrouille le contrôle des ressources pétrolières et supervise le processus politique.
Le dialogue de transition, annoncé pour le 1er août entre Delcy Rodríguez et Dinorah Figuera, l’opposante de l’Assemblée de 2015, a été repoussé sine die fin juillet. Officiellement, pour des raisons logistiques liées au séisme. Officieusement, parce que les Américains veulent s’assurer que le cadre est bien verrouillé avant d’ouvrir les discussions.
Un protectorat sous couvert de démocratie
Le Venezuela n’est pas une démocratie en transition. C’est un protectorat américain sous couvert de transition démocratique.
Machado a été utilisée pour déstabiliser Maduro. Elle a été jetée quand elle est devenue gênante. Le Rodrigato applique les réformes exigées par Washington. La crise humanitaire justifie une présence prolongée. Le pétrole vénézuélien est à nouveau accessible aux investisseurs étrangers.
La question reste ouverte. Le dialogue aura-t-il lieu ? Et si oui, à quelles conditions ? Les frères Rodríguez resteront-ils au pouvoir, ou seront-ils à leur tour écartés quand ils auront cessé d’être utiles ?
Par la rédaction
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Sources
https://commonslibrary.parliament.uk/research-briefings/cbp-10452
https://english.news.cn/20260103/df8cb670fbb94335ba258147ad827d78/c.html
https://english.news.cn/northamerica/20260103/dde6fdcc78f4412d8f63501cd3c0f6bb/c.html
https://newsapp.abc.net.au/news/2026-07-23/maduro-court-date-june-2027/106947340
https://www.aip.ci/electionpresidentielle2025/article.php?id=303781
https://efe.com/mundo/2026-07-19/aumentan-muertos-terremotos-venezuela-18-julio/
https://efe.com/mundo/2026-07-05/venezuela-terremotos-cifras-julio/
https://diariodelosandes.com/funvisis-contabiliza-1-368-replicas-tras-el-doblete-sismico
https://www.vietnam.vn/es/it-nhat-164-nguoi-thiet-mang-sau-dong-dat-kep-rung-chuyen-venezuela
http://spanish.xinhuanet.com/20260625/e387b4e7855d42aabcc50c88990498e4/c.html

